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Entre précommandes, gratitude et algorithmes

30 juin
4 min de lecture

Chers déliés,

Il y a des semaines où l’écriture ressemble à une petite pièce silencieuse, avec un ordinateur, un café tiède et beaucoup trop de doutes assis sur le canapé. Et puis il y a des semaines comme celle-ci. Des semaines où un projet prend corps, où des lecteurs répondent présents, où l’on réalise que les histoires que l’on fabrique dans son coin peuvent, doucement, trouver leur chemin jusqu’aux autres. Alors aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de deux choses qui cohabitent étrangement dans ma vie d’autrice : la joie immense de voir Un automne à Valdoré bientôt partir vers vous… et la réalité parfois rude du monde de l’édition.

 

Allez, installez-vous. On parle livres, précommandes, algorithmes et petits miracles.


Dernières heures pour entrer à Valdoré

Les précommandes de notre recueil collectif Vous prendrez bien un cinnamon roll ? s’achèvent dans quelques heures… et grâce à vous, l’objectif est atteint.

Je crois que je ne réalise pas encore tout à fait.

Ce livre, avec son titre qui sonne comme une invitation à s’asseoir en cuisine, existe déjà un peu grâce à celles et ceux qui ont choisi de le soutenir avant même sa sortie officielle en octobre.

À l’intérieur de ce joli cocon, il y a ma romance cosy, Un automne à Valdoré (lauréate dans la catégorie romance cosy 2026), et savoir qu’elle va bientôt voyager jusqu’à vous me donne à la fois envie de sourire très fort et de respirer dans un sac en papier. Les derniers exemplaires en précommande sont encore disponibles pendant quelques heures. Ils permettent de recevoir l’édition ultra-limitée du recueil, accompagnée de goodies imaginés et créés avec tendresse.

Et je tenais à vous le redire ici, entre nous : ces petits bonus ne seront jamais disponibles en librairie lors de la sortie officielle en octobre. Ils sont réservés aux personnes qui auront été là dès les premiers pas, avant l’impression, avant les cartons, avant les rayons, quand tout tenait encore dans une page Ulule et beaucoup d’espoir.

Si vous voulez réserver votre exemplaire et vos surprises exclusives avant la fin des précommandes, c’est par ici : 👉 

https://fr.ulule.com/vous-prendrez-bien-un-cinnamon-roll/

 

Imaginer vos colis se préparer, les goodies glissés dans les enveloppes, les livres qui partent bientôt rejoindre vos tables de chevet… c’est une sensation assez folle.

On passe tellement de mois seule face à son écran qu’un moment comme celui-ci efface d’un coup pas mal d’heures de doute.

 

Alors vraiment : merci.



Le jour où les followers ont remplacé

les lecteurs

Et puis il y a une réalité dont on parle peu, ou alors à voix basse, dans les coins feutrés du monde du livre : l’édition peut être impitoyable.

Je discutais récemment avec un ami auteur. Il a publié dix livres chez un grand éditeur. Dix. Pas un manuscrit oublié dans un tiroir, pas une tentative timide, pas un « peut-être un jour ». Dix livres publiés, lus, portés, défendus. Et pourtant, pour son prochain projet, on lui a expliqué que ce serait compliqué. Pourquoi ?

Parce qu’il n’a pas assez de présence sur les réseaux sociaux.

Pas parce que son texte est mauvais. Pas parce que son propos ne tient pas. Pas parce qu’il n’a pas de métier, ni d’expérience, ni de lecteurs. Non. Parce qu’aujourd’hui, dans certaines maisons, la question n’est plus seulement : « Est-ce que cette personne écrit bien ? Est-ce qu'elle a quelque chose à dire ? » mais aussi, parfois surtout : « Combien de personnes la suivent déjà ? Quel potentiel de ventes son livre peut-il avoir ? (car on n'a pas renouvelé la responsable marketing et si on pouvait désormais faire sans...) ? »

Et je trouve ça vertigineux.

Bien sûr, il ne s’agit pas de mettre toutes les maisons d’édition dans le même panier, certaines continuent de défendre avant tout les textes, les voix et les univers. Mais ce glissement existe, et il semble prendre de plus en plus de place.

 

Évidemment, je comprends la réalité économique. Je comprends qu’un éditeur prenne des risques, qu’un livre doive exister dans un marché saturé, qu’une communauté puisse aider à le faire émerger. Je ne suis pas naïve. Mais quand la présence en ligne devient presque plus importante que le texte lui-même, quelque chose se déplace. Et pas forcément dans le bon sens.

 

Aujourd’hui, on voit de plus en plus d’auteurs choisis parce qu’ils ont déjà une audience. Parfois, ce ne sont même pas des auteurs au départ. Ils ont une communauté, une visibilité, un nom, et on leur propose un livre. Au besoin, on les accompagne, on les fait écrire, ou on écrit avec eux.

Je ne dis pas que c’est toujours illégitime. Certaines personnes très suivies ont des choses passionnantes à raconter. Mais je trouve triste que, dans le même mouvement, des auteurs de métier, des auteurs qui construisent patiemment une œuvre, puissent se retrouver fragilisés parce qu’ils ne savent pas, ou ne veulent pas, transformer leur vie en vitrine permanente.

 

Écrire un livre, ce n’est pas la même chose que produire du contenu. Être auteur, ce n’est pas forcément savoir faire des reels, alimenter une newsletter, comprendre les algorithmes, poster au bon moment, avec la bonne phrase d’accroche et le bon niveau de vulnérabilité calibrée.

Et pourtant, aujourd’hui, on nous demande souvent de faire les deux.

Alors oui, je crois qu’il faut apprendre à se rendre visible. Je crois qu’il faut créer du lien avec ses lecteurs, raconter son univers, défendre ses livres avec sincérité. Mais je refuse de croire qu’un auteur sans grosse communauté vaut moins qu’un auteur très suivi.

 

Parce qu’au fond, ce qui devrait rester au centre, c’est quand même cela : une voix. Un regard. Une pensée. Une émotion. Un livre qui trouve quelqu’un au bon moment.

 

Et ça, aucun algorithme ne devrait décider à notre place.

 

Alors je continue à croire à cette magie-là : celle des livres qui trouvent leurs lecteurs, parfois contre les algorithmes, mais jamais sans les cœurs.

 



Je vous embrasse, entre deux pages, et on se retrouve ici en juillet ! 

Ode Hélie




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